The Last Remnant
The Last Remnant
Posté le 23/02/2009 par Ren | Voir la fiche du jeu
Après Infinite Undiscovery dont le développement, confié à Tri-Ace n’avait guère convaincu, Square Enix revient à la charge de la xbox 360 avec un rpg cette fois développé en interne par ses équipes. Autant dire que la pression était grande sur The Last Remnant, compte tenu des moyens techniques et financiers déployés, et surtout de l’attente des joueurs, toujours à la recherche de leur référence en la matière. Mais encore une fois, la déception n’a pas manqué le rendez-vous et vient ternir l’image d’un jeu qui au final, ne se révèle pas si mauvais.

Les Rémanences, symboles de pouvoir et de prospérité

Square Enix pourtant semblait miser gros sur ce titre, qui bénéficia d’une sortie mondiale et de la localisation dans les principales langues. L’entame de jeu ne laisse d’ailleurs rien présager d’extraordinaire. Vous êtes Rush Sykes, un ado qui recherche désespérément sa sœur Irina, qu’il a perdu de vue dans la forêt. Mais la malchance vient s’abattre sur le jeune homme, qui atterrit au beau milieu d’un vaste conflit armé. Sauvé miraculeusement par le mystérieux talisman qu’il porte au cou depuis toujours, Rush suscite la curiosité et l’intérêt du marquis d’Athlum, David Nassau, qui décide de lui venir en aide. Un service qu’il accorde notamment en raison de la notoriété des parents de Rush, scientifiques reconnus pour leurs recherches sur les Rémanences. Les Rémanences … ces puissants artefacts garantissent en effet l’équilibre politique de notre monde. Chaque cité s’est en effet construite autour d’une rémanence, qui assure à celle-ci protection et prospérité. Pourtant, leurs origines et leurs propriétés demeurent encore assez mystérieuses.

Peu convainquant dans son intrigue, The Last Remnant l’est surtout dans sa réalisation qui affiche d’emblée d’importantes lacunes techniques. La texture des décors met en effet plusieurs secondes avant de s’afficher complètement, un détail qui agace d’autant que les temps de chargement, déjà nombreux et l’installation du jeu sur le disque dur, n’y changent absolument rien. Le principal personnage Rush se présente comme la caricature du héros de rpg avec une naïveté et une insolence digne d’un garnement de 10 ans. Heureusement, on entre assez vite dans le vif du sujet avec un système de jeu qui, en apparence seulement, change de l’ordinaire.
Un design somptueux qui ne masque pas une entame assez timide

Sur les champs de bataille, l’union fait la force

Aux abords classiques dans son mécanisme de tour par tour, le système de combat ne met pas en opposition plusieurs personnages mais plusieurs groupes de personnages, les unions. En effet, le joueur ne dirige pas de personnages mais des troupes pouvant contenir jusqu’à 5 unités et on peut disposer de 5 unions au plus sur le champ de bataille. Le nombre de protagonistes est donc assez conséquent et donne véritablement aux affrontements des allures épiques et grandioses. Car dans la bataille, la cohésion, la tactique jouent un rôle primordial sur l’issue finale au-delà des performances individuelles. Pour diriger tout ce petit monde, les commandes traditionnelles Attaque, objet, magie etc sont remplacées par des directives plus globales tels que « Attaquez sur le flanc », « Donnez tout ce que vous avez », « pensez à maintenir vos pv » et autres. Chaque unité agira suivant l’ordre commandé à son union mais on n’intervient pas directement sur l’action d’une unité. Celui-ci agi en fonction de ses capacités au combat. Une fois les commandes envoyées, on ne devient plus que spectateur de l’action et avec le nombre de protagonistes sur le terrain, la durée d’un combat peut devenir assez longue et frustrante. De plus, plusieurs éléments aléatoires peuvent venir interférer sur vos actions et faire basculer l’avantage dans un camp comme dans l’autre. Ainsi, une attaque sur le flanc ou par derrière permettra d’infliger des dégâts surévalués tandis que l’union ciblée ne pourra riposter. Ce genre de situation influe également sur la jauge de moral, qui suivant le niveau peut faire diminuer ou augmenter la puissance d’attaque, augmenter les chances d’esquive ou de coups critiques. Il ne sera ainsi pas rare de voir vos équipes succomber dans une bataille qui, une fois recommencée, ne vous pose en fait aucun problème.

En revanche, toute la gestion des effectifs se révèle assez intéressante. Chaque union dispose d’au moins un leader et on peut lui adjoindre jusqu’à 4 alliés. Le scénario nous propose 7 leaders: Rush, Irina ainsi que David et ses 4 généraux (Talgor, Blokter, Pagus et Emma). Mais les places sont chères et on ne peut aligner au maximum que 6 chefs, alors que les guildes mettent également à disposition de puissants guerriers qui peuvent venir vous prêter main forte moyennant finance. Les autres fantassins sont gratuits, il suffit de les recruter à Athlum. Trois races sont disponibles, les Yamas, des bêtes physiques et puissantes, les Quistis, sorte d’homme grenouille, et les Mitras qui sont en fait les humains. La quatrième existante ne compte que quelques représentants dont Talgor. Aligner tel leader avec tels unités vous permettra de débloquer des formations d’attaque plus puissantes et optimiser ainsi les performances. Une gestion stratégique attrayante même si les bonnes combinaisons se révèlent au final assez difficile à obtenir.

Concernant le level up, la progression des personnages semble également assez particulière. Il n’y a pas de niveau à proprement parlé (le grade de combat n’est qu’une indication générale sur l’ensemble des unions et ne reflète en rien les capacités individuelles de chaque unité). On a simplement un message nous indiquant qu’une caractéristique d’un perso est en progrès ou qu’une technique a été apprise, on ne sait pas vraiment plus, même pour Rush qui est le seul personnage que l’on peut à peu près gérer. Ses armes affectent les techniques qu’il va apprendre tandis que pour les chefs, chacun viendra vous solliciter pour un objet manquant à leur équipement ou simplement un conseil pour travailler les arts mystiques ou les arts du combat. Une forme d’autogestion à la fois bienvenue pour éviter d’avoir tout le monde sur le dos mais qui a ses quelques inconvénients, on ne sait pas vraiment quelles techniques seront apprises et surtout quand elles seront maîtrisées. L’ensemble parait un donc un peu compliqué au premier abord et la difficulté des combats augmentent assez rapidement, on a donc plutôt intérêt à plonger dans les configurations de bataille assez tôt.
Beaucoup de paramètres entrent en compte dans une bataille et peuvent déterminer le dénouement.

Un jeu qui ressemble étrangement à… Final Fantasy 12

Si les grands guerriers se recrutent dans les guildes, bon nombre d’entre eux ne seront disponibles qu’après leur avoir rendu service dans une mission annexe. Ces missions se dénichent généralement dans les tavernes que compte chaque ville. D’ailleurs, les villes ne comportent généralement pas plus de 4 quartiers distincts, que l’on visite en sélectionnant l’emplacement sur la carte de la ville. Dans ces travées, on vous sollicitera souvent pour aller recherche une personne disparu, trouver un objet ou se fritter avec des bandits. Dans la plupart des cas, la mécanique de jeu reste souvent la même et s’apparente d’ailleurs à ce qui se fait sur Final Fantasy 12, un titre qui n’évoque pas forcément de bons souvenirs à tout le monde. On obtient une mission qui se résume à parcourir des plaines et ruines infestées de monstres et terminer l’expédition sur un boss. Bien sur, tout ça reste facultatif mais cela constitue d’une part la principale source de revenu pour payer les divers objets, forger des armes, recruter etc, et d’autre part le jeu serait bien difficile si le joueur faisait l’impasse sur ces à-côtés.

Le gros hic de l’histoire, c’est justement l’histoire elle-même qui malgré sa cohérence, manque singulièrement de richesse et d’envergure. Les rebondissements et passages cruciaux se font bien rares pour tenir le joueur continuellement en alerte, et les discussions bien que correctement doublées, ne présente pas souvent d’intérêt. Rapidement élevé au niveau du complot politique, le scénario laisse peu de crédit à notre héro Rush, qui se présente plus comme spectateur que réel leader de la troupe. Son statut ne lui accorde en effet que peu de manœuvre et bien qu’à Athlum il ait la confiance de tous, le rôle du meneur décisionnaire demeure la propriété de David.

Malgré tout, The Last Remnant sait jouer de ses atouts en justifiant de conflits militaro-politique ses affrontements épiques à 20 contres 50, boostés par une bande originale toujours dans le juste en s’adaptant à la physionomie de la bataille. L’exploration offre plusieurs trouvailles comme la dischronie, qui vous permet durant quelques secondes de ralentir l’effet du temps pour aller défier un monstre à votre avantage ou bien fuir les zones infestées. Le petit robot Joe-la-Fouille vous accompagnera également dans les dédales pour creuser dans les parois et pourquoi pas tomber sur de rares items. Au final le jeu se laisse suivre et malgré l’omniprésence de chargements et de ralentissements, le sentiment de satisfaction est bien présent une fois l’aventure achevée au bout d’une cinquantaine d’heures.
7/10

Beaucoup de bruit avait annoncé la venue d’un grand jeu avec The Last Remnant. Le bilan, loin du compte en raison surtout de la défaillance technique affichée par Square Enix sur la xbox360, ne s’avère en fin de compte pas ridicule. On accroche le scénario, malgré des dialogues qui ne le vendent pas au mieux. La réalisation, un peu juste à tous les niveaux, aurait gagné et proposant plus de lieux dans les villes, plus de détails, plus de background sur les personnages. Ce sont, entre autres, les efforts à fournir pour avoir un bon rpg.