Infinite Undiscovery
Infinite Undiscovery
Posté le 26/09/2008 par Ren | Voir la fiche du jeu
Impressionnant depuis l’annonce de son développement, Infinite Undiscovery arrive enfin sur xbox360. Développé par Tri-Ace, studio à l’origine de Valkyrie Profile et Star Ocean, avec une bande-son signé Motoi Sakuraba, cette première production de Square Enix a suscité une attente importante des joueurs, lui qui s’annonçait comme le plus aboutie des rpgs de la génération actuelle. Sans être une déception, le résultat est au final bien loin de celui espéré. Décryptage.

Supposé coupable

Comme dans quasiment tous les rpg, l’histoire démarre sur le réveil du héro. Sauf que cette fois, le jeune musicien Capel se retrouve dans la cellule sombre et humide d’une prison. Pourquoi ? Lui-même n’en sait rien, lui qui est peureux, paresseux, affamé…bref incapable de tenter quoique ce soit. Par malchance, il a été pris pour quelqu’un d’autre et emprisonné maaaaaiis… par chance, il se voit délivré par Aya, une archère qui l’a pris également pour ce quelqu’un d’autre. Les deux personnages parvinrent donc à s’évader et tentent d’échapper à leurs poursuivants à travers une forêt ténébreuse.

Cette entame de jeu, bien qu’elle nous plonge tout de suite dans l’ambiance, se révèle au final catastrophique. En effet, à peine le joueur en main et deux-trois explications en guise de didacticiel, on se retrouve de suite prise en chasse par un ogre géant dont il est impossible de battre, nous forçant à prendre la poudre d’escampette au plus vite. On aurait sans doute rêvé d’un démarrage plus doux, permettant ainsi une meilleure prise de contact avec le personnage et son environnement.

Aya et Capel retrouvent dans cette forêt un groupe armé, emmené par Sigmund « le Libérateur », sosie parfait de Capel dont la mission est de briser les chaînes qui emprisonnent la lune, et mettre fin à l’ordre établi par le Dreadknight. Leur ressemblance est-elle vraiment pur hasard ? Quoi qu’il en soit, le flûtiste Capel se retrouve ainsi malgré lui embrigadé dans la lutte armée, victime de sa ressemblance avec Sigmund…

Made In Tri-Ace

Tri-Ace a ses habitudes en matière de gameplay et on retrouve dans Infinite Undiscovery ce savoir-faire qui caractérise d’autres jeux comme Radiata Stories et Star Ocean. Ainsi, on a droit aux phases de combats dynamiques où l'on ne contrôle que le héro, qui se déplace et agit librement tandis que le reste de l’équipe est géré par l’IA. Une gestion donc dynamique de l’action mais qui ressemble plus à final fantasy 12, pour ses maps immenses à traverser et l’engagement en temps réels des hostilités lorsque menace se fait sentir. Dans ces contrées peu accueillantes il vous faudra être vigilant puisque vous vous apercevrez rapidement qu'en ouvrant le menu pour utiliser ou créer un objet, l’action continue de se dérouler. Ainsi, il vous sera très difficile en plein combat d’aller chercher un objet de soin au bon moment dans le menu pour se restaurer ou même simplement consulter la carte. C’est là que L’IA d’Infinite Undiscovery fait son œuvre. Très solide et toujours dans le juste, elle libère le joueur de bons nombres d’actions tout en lui permettant de guider les actions de ses partenaires. Ainsi, en cas de coup dur vous pouvez demander rapidement à être soigné : si un mage est dans votre équipe il vous soignera par magie, sinon, il ira piocher dans votre inventaire la potion adéquate. De même pour les phases offensives, il est possible de demander aux alliés d’economiser les MPs, de se battre à fond ou se focaliser sur un seul ennemi. La coopération atteint donc un niveau extrêmement important dans le jeu, d’autant plus qu’il est également possible d’utiliser manuellement les compétences de ses partenaires à travers l’abilité Connect. On pourra par exemple ajuster une cible avec l’arc de Aya, parler aux animaux avec Rico ou démolir un bloc de pierre avec Balbagan, ainsi que toutes les techniques de combats de chacun. Cette fonctionnalité reste tout de même assez difficile à exécuter dans l’urgence du combat et nécessitera pas mal de maîtrise de vote part.

Pour le choix de l’équipe enfin, pas moins de 18 personnages seront disponibles pour vous aider, avec des profils intéressants pour la plupart. Disposer de la combinaison adéquate à la situation vous permettra de disposer de vos adversaires grâce à des combos dévastateurs et gagner d’importants bonus d’expérience. De plus, par moment, il faudra organiser jusqu’à 3 équipes de 4 pour venir à bout des donjons, avec une coopération qui aurait néanmoins gagné à être un peu plus étroite.

Limited Discovery

Cependant, le défaut majeur d’Infinite Undiscovery est sa réalisation inégale, et ce à tous les niveaux. Graphiquement, les décors sont assez soignés mais on retrouve souvent des pièces dupliquées plusieurs fois dans les villes ou donjons. De plus, force est de constater que l’on est pas libre d’aller où l’on veut : on passe son temps à traverser de longs couloirs qui se répètent, ce qui à la longue peut agacer d’autant plus qu’on ne peut pas pénétrer dans un lieu tant que la quête ne l’autorise pas. Les combats et effets spéciaux, très travaillés, accusent une chute de frame rate lorsque les enchaînements de combos et l’amas de protagonistes à l’écran se font plus nombreux, provoquant ainsi quelques saccades. Au niveau des personnages, tous ont bénéficié d’un minium de soins esthétiques et techniques mais très peu ont leur propre histoire. Et le doublage anglais, bien que crédible, n’est pas toujours bien synchronisé avec le mouvement des lèvres. On reprochera également à ces personnages leur manque de mise en scène dans des cut-scenes qui souvent manquent de dynamisme, voire même d’intérêt. Le scénario, que je trouve bon et proposant tout de même quelques phases mémorables, ne démarre véritablement qu’à la fin du premier DVD, soit déjà la moitié du jeu achevée. Tous ces détails trahissent au final un cruel manque d’ambition de la part de Tri-Ace pour un RPG d’envergure mais dont la réalisation n’a pas suivi : les donjons se répètent inlassablement, les cut-scènes ne sont pas toutes doublées, les NPC sont toujours les mêmes d’une ville à une autre. Seule la bande son de Motoi Sakuraba, toujours aussi régulier dans ses prestations, se montre de bon niveau tout au long du jeu.

En fin de compte, l’aventure s’achève en moins de 30 heures en mode normal, c’est peu et cela aurait été beaucoup moins si quelques passages superficiels du scénario ne nous obligeaient pas à revisiter certains endroits.
6/10

Pourtant prometteur et proposant un système de jeu très intéressant, Infinite Undiscovery s’empêtre dans un nombre trop important de lacunes pour faire de celui-ci une véritable référence en matière de rpg. L’aventure, bien qu’elle ne prend son sens que tardivement, saura proposer au joueur patient jusque là une histoire riche et complexe.