Wild Arms 5
Wild Arms 5
Posté le 10/08/2008 par Ren | Voir la fiche du jeu
Voila maintenant 10 ans que la série Wild Arms existe. Au départ, Wild Arms, sorti sur playstation en 1998. Bien que proposant une aventure riche et complète, le succès ne fut pas forcément au rendez-vous, notamment du à une localisation tardive ainsi qu'à la venue d'un certain Final Fantasy 7. Ce nouveau volet, hommage au dixième anniversaire de la série, récompense le travail effectué par Media Vision durant la décennie écoulée en y proposant un mélange de tout se qui a fait sa renommée.

Filgaia pour toujours

Il y a 12000 ans, l'avancée technologique épuisait irrémédiablement les ressources naturelles de Filgaia, rendant celle-ci pratiquement invivable. L'humanité prit alors deux virages différents : tandis que l'une partit à la conquête de l'espace, l'autre demeura sur Filgaia, tout en renonçant aux technologies qui mettaient en péril leur avenir en ce monde. Revenu sur Filgaia depuis, le peuple de l'espace, les Veruni, et les humains mènent une relation conflictuelle, réduisant ces derniers à la soumission.

Loin de cette lutte de castes, dans la petite bourgade de Capo Branco, le jeune Dean nourrit ses rêves de devenir un jour chasseur de Golems. La coutume voulant qu'on donne une ARM pour permettre à un jeune de partir à l'aventure et construire sa vie, le dernier ARM que possédait le village a été remis à Rebecca, l'amie d’enfance de Dean. Ce dernier démarre donc l'aventure armé de sa pelle, on est loin du cliché du héro maniant son épée avec classe, mais sa fougue et sa débrouillardise le rendent attachant. Ceci étant, les deux amis firent la rencontre d'Avril, une jeune femme tombée du ciel dans le bras d'un golem. Celle-ci ne se rappelant de rien, Dean et Rebecca ne mirent donc quête de l'aider à retrouver son passé, qui révèlera bon nombre de rebondissements…

Ces trois personnages constituent le cœur de notre aventure puisque Dean, le héro, restera le seul personnage jouable de l'histoire. Avril, en raison de la part d'ombre sur son histoire, son amnésie, est le personnage central du jeu. Et enfin Rebecca, c'est sous son point de vue que nous sont décrites toutes les péripéties de nos personnages. Régulièrement, elle nous fera partager au travers de son journal intime ses émotions, ses sentiments, ses craintes sur le chemin parcouru et ses liens avec Dean et Avril. Cette mise en scène, remarquable, permet de rendre le cheminement plus captivant, et de suivre un scénario pas forcément dantesque l'origine, ça n'a jamais été vraiment la plus grande qualité des Wild Arms.
Une équipe qui rappelle Skies of Arcadia

Un environnement riche et un casting soigné

Parmi les petits détails, on note qu'il n'y a pas de cinématique animée au début du jeu, comme ça a été le cas sur chacun des épisodes précédents. On se rappelle pourtant que l'introduction magnifique de Wild Arms avait été un de ses atouts. Néanmoins, on retrouve à nouveau une carte du monde (qui avait été zappé dans Wild Arms 4). Le joueur pourra donc jouir d'une plus grande liberté et repousser au fil du jeu son champ d'exploration. Graphiquement, l'environnement est très bien réalisé et bien plus varié : déserts, montagnes enneigées, collines verdoyantes ou plateaux rocheux constituent le monde de Filgaia. Ce n'est pas aussi fluide et précis que d'autres gros titres sur la même console mais la modélisation et l'animation des personnages sont très réussies. Les décors, parfois manquant de variétés se marient tout de même bien à l'univers du titre, il s'agit avant tout d'une question de cohérence et sur ce point Media Vision maîtrise parfaitement son terrain de jeu.
Les protagonistes eux, ne manquent pas de charisme. Les 3 personnages dont j'ai parlé juste avant, Dean, Rebecca et Avril ressemblent par ailleurs au trio Vyse, Aika et Fina (Skies of Arcadia). Vous aurez également dans votre équipe Greg, un personnage sombre et intéressant également qui, à l'opposé de Dean, cherche à détruire tout ce qui se rapporte aux golems. Il n'est motivé que par la vengeance. Chuck, le fuyard qui malgré lui attire plus d’ennuis qu'il n'en évite et Carol, la petite maladroite intello à la recherche de son professeur (elle envoie des missiles avec son cartable, on a pas du voir ça souvent dans un rpg) viendront compléter votre effectif. La fine équipe, dans sa quête de vérité sur Avril, enchaînera bon nombre de situations cocasses et saura vous tenir en haleine malgré une progression linéaire. Les ennemis qui vous feront face ont également la classe, on s'attacherait même à quelques uns d'entre eux.

Je crois qu'on a trouvé la formule

Le point fort du volet précédent avait été son système de combat, qui associait le tour par tour classique au système de case propre à un rpg-tactique. La recette avait plutôt bien marché et il est normal qu'on retrouve le principe sur ce volet. Ainsi, les coups et sorts ne s'appliquent plus à un personnage mais à une case, affectant tous les protagonistes s'y trouvant. Il sera donc important de gérer la position de vos personnages pour économiser des soins ou frapper la case qui contient le plus d'ennemis. De plus, les attaques combinées seront toujours au cœur de vos affrontements. Avec deux personnages sur une même case vous pourrez effectuer de puissantes attaques en duo, consommant une jauge de FP qui se charge un peu plus à chaque tour. Les combats se jouent par équipe de 3 mais en plaçant un personnage sur une case extérieure, on a la possibilité de le remplacer par un autre personnage. Bien qu'on aura tendance à ne jamais bouger son équipe préférée, Media Vision a fait en sorte d'équilibrer au maximum les personnages. Ainsi, chaque personnage remporte de l'expérience après chaque bataille et les médiums, qui apportent de nouvelles aptitudes aux personnages, peuvent être copiés et attribuer à d'autres de vos héros car à un moment ou un autre, tout le monde devra monter sur le ring.

Les aptitudes magiques et techniques s'acquièrent de diverses façons : des points bonus attribués à chaque lvl peuvent être utiliser pour obtenir de nouvelles compétences. Mais comme pour le volet précédent, l'usage des badges constitue l'essentiel de vos capacités supplémentaires. Vous pouvez en acheter, les obtenir au combat mais les plus puissantes s'obtiendront grâce aux quêtes annexes et à la fusion de plusieurs badges.

L'exploration du jeu bénéficie de plusieurs améliorations. Comme vous le savez, vous aurez à nouveau la possibilité de vagabonder sur une carte du monde. Pour faciliter votre voyage, vous pourrez disposer d'un monoroue, véhicule aussi classe qu'indispensable pour éviter un combat tous les 10 mètres. Dans les donjons, pour avancer et résoudre les énigmes vous disposez des guns de Dean. Vous obtiendrez au fil du jeu plusieurs types de munitions (normal, feu, glace, explosifs, grappins, etc) qui vous permettront d'activer des switchs et détruire des caisses. Malgré quelques énigmes assez rotors, le cheminement et les décors se répètent assez souvent et on en vient rapidement à bout.

Clins d'oeil à toute la série Wild Arms

L'aventure est ponctuée de très nombreux clins à l'ensemble des volets de la série. Tous les personnages importants de la série sont présents sous forme de pnj (personnage non joueur) : Jude, Raquel, Arnaud, Lilka, Rudy, Jane, Brad, Cecilia, etc. Par ailleurs, ce n'est sûrement pas un hasard si le héro Dean a les cheveux bleus mais plutôt un retour aux sources pour Media Vision (Rudy et Ashley, héros respectifs de wild arms 1 & 2 ont les cheveux bleus). L'orbe de téléportation, qui vous permettra de voyager rapidement de donjons en villages était présent dans wild arms, de même que les tours du système TF ne sont pas sans rappeler les Diablo Pillar de wild arms 2 : Wild Arms 5 célèbre à sa façon les 10 ans de la série.

Mais bien plus qu'un simple épisode dédié à ces 10 ans, Wild Arms 5 est avant tout un volet unique de cette série. Le plus aboutie techniquement, il propose également un scénario plus riche qu'il n'y parait au premier rapport, bien qu'assez long à se mettre en place. L'OST du jeu, une nouvelle fois signée par Michiko Naruke, est excellente, avec des thèmes variés qui vous transporteront dans cette ambiance unique qui fait le charme de cette série.

D'une durée de 60h environ, Wild Arms 5 est jeu assez facile à finir, à partir du moment où vous maîtrisez bien l’usage des badges. Le niveau maximum s'atteint même assez facilement en s'attardant dans quelques donjons optionnels. En effet, les à-cotés du jeu sont très nombreux et de toutes sortes. Les donjons optionnels bien sur, au nombre de 4, vous permettront d'affronter les boss les plus puissants du jeu. Il y a également les boites à puzzle (dans le même registre que les millénium puzzle de wild arms 3) viendront torturer votre cerveau pour de précieux objets à la clé, plus tous les petits services que vous demanderont les habitants de Filgaia.

Sachez également que le jeu est traduit en français, tout comme le premier opus 10 ans auparavant. Cette traduction, qui s'est accordé pas mal de liberté, offre des phases de dialogue parfois pimentées d'humour et de dérision, malgré pas mal de fautes d'orthographe. Mais indéniablement, le jeu aurait été beaucoup plus ennuyeux sans cette localisation française qu'on n’espérait même plus, vu que wild arms 3 et 4 sont sortis chez nous non traduits. Un bon point donc pour cette production qui par ailleurs ne coûte que 45 euros à sa sortie. Autant dire qu'avec ce jeu, on est loin de la déception.
8/10

Wild Arms 5 honore de belle manière le 10ème anniversaire de la série fétiche de Media Vision. Tout en conservant les traits caractéristiques de l'univers Wild Arms, ce volet se veut le plus complet, le plus riche en terme de bagage technique. Avec un scénario plus percutant et une bande son toujours aussi magnifique, on s'intègre assez rapidement dans cet univers toujours porté sur l'alchimie manga/far west. Est-ce l'épisode le plus réussi de la série ? Je serais bien tenté de dire oui. Bien que linéaire et toujours assez classique dans son ensemble, Wild Arms 5 met en avant l'expérience et la maîtrise engrangée par Media Vision durant ces années et se positionne aujourd'hui comme un indispensable de la ps2.